ποιος ακούει ότι η μια μόνη καμπάνα δεν ακούει παρά έναν ήχο

Τετάρτη, 8 Οκτωβρίου 2014

Grèce : où en est-on vraiment ?

La prévision de croissance grecque à 2,9% pour 2015 a surpris en début de semaine. Véritable sortie de crise ou traditionnel optimisme politique ? La réponse serait entre les deux. Décryptage économique et politique d’un pays ayant perdu 25% de son PIB en cinq ans.
À en croire le gouvernement grec, l’économie du pays serait en plein redémarrage. Toutefois, si la situation semble s’être effectivement stabilisée, mieux vaut rester prudent selon Constantin Constantinidis, chef d’entreprise et ancien président de la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-hellénique.
+2,9% : un chiffre trop optimiste
Les prévisions publiées en début de semaine laissent « sceptique » M. Constantinidis. L’optimisme de l’actuel gouvernement a déjà montré ses limites alors que « la prévision de croissance pour 2014, annoncée en hausse de 1%, devrait plutôt se situer à +0,5% ». Surtout, on peut craindre que l’approche d’échéances électorales pousse le gouvernement à se montrer rassurant de manière à conserver la confiance de ses électeurs.
Cinq années ont passé depuis les débuts de la crise grecque. Le pays semble commencer à se relever alors que le "remède" de l'austérité a provoqué bien plus de dégâts que de réussites.
L’amélioration des finances publiques serait par ailleurs de nature plutôt conjoncturelle. L’été très touristique aurait apporté 15 milliards d’euros au pays, en amélioration par rapport à l’an dernier (environ 11 milliards). Le secteur du tourisme reste la principale source de revenus du pays et « l’impact de ce flux devrait principalement se voir à l’automne », le temps que l’argent tourne dans l’économie et irrigue les différents secteurs.
Quelques signes d’une sortie de crise
Malgré tout, le fond du trou aurait été atteint et la Grèce serait bel et bien en train de redécoller doucement. « L’amélioration de la situation commence à se voir dans certaines rues où les magasins rouvrent petit à petit ». Pour rappel, des rues entières avaient vu leur activité commerciale péricliter au cours des dernières années, signe le plus visible de la crise au quotidien.
Enfin, le déficit du pays devrait désormais se maintenir au-dessous de 3%. Les objectifs de la Troïka seront ainsi remplis : il est prévu que l’organe de tutelle sujet à tant de débats se retire en fin d’année. La Grèce pourra ainsi de nouveau voler de ses propres ailes, tout en se conformant aux impératifs fixés par Bruxelles en matière budgétaire comme tous les autres pays européens.
Par ailleurs, bien que le chômage reste à un niveau dramatiquement élevé, une amélioration sensible est à noter. Ce taux serait passé de 27% en 2013 à environ 26% pour le mois d’août 2014. Un chiffre qui reste indicatif alors que le travail au noir est devenu l’un des seuls moyens de boucler les fins de mois pour de nombreux citoyens.
Ainsi la situation semble stabilisée, mais il reste à trouver les ressorts nécessaires pour remonter véritablement la pente.
Conséquences de l’austérité : une société précarisée
Avec un chômage de 26%, la Grèce reste l’un des pays européens ayant le plus fort taux de chômage. Trouver un emploi en Grèce ou même un stage non rémunéré relève du parcours du combattant. Plus de 50% des jeunes de moins de 25 ans ayant terminé leurs études sont sans emploi.
Surtout, l’austérité n’a pas du tout amélioré les finances du pays comme on pouvait le penser. En 2010, la dette publique grecque représentait environ 120% du PIB. Après 5 années de « remède » et un défaut partiel du pays il y a 3 ans, la dette représente désormais plus de 170% du PIB, un record. Ce résultat tout à fait inverse à celui voulu s’explique par l’effondrement de la consommation, de l’investissement et des salaires qu’a connu le pays. Le SMIC grec se situe désormais à environ 500 euros nets par mois, en baisse de 22% par rapport au début de l’année 2012.
Chef d’entreprise dans le secteur du bâtiment, M. Constantinidis souligne à titre d’exemple la spectaculaire contraction de l’industrie grecque : « le secteur du BTP est revenu au niveau des années 1960 » affirme-t-il. Une donnée qui a de quoi faire réfléchir sur la contraction économique historique qu'a vécu le pays.
Montée de l’extrême gauche
Des élections législatives anticipées pourraient avoir lieu début 2015 si le Parlement ne parvient pas à former une majorité élargie pour désigner le nouveau président grec, dont le rôle est principalement représentatif.
Dans ce contexte, les regards sont tournés vers la montée du parti d’extrême gauche Syriza, devenu premier parti politique du pays dans les sondages avec 30% des intentions de votes. Le parti dépasse ainsi la Nouvelle démocratie, parti de droite modérée actuellement au pouvoir et qui récolte 25% des intentions de vote. Aube Dorée, le parti néo-nazi toujours actif malgré de nombreux déboires judiciaires, était quant à lui arrivé à 12% lors des élections européennes du printemps.
Dans tous les cas, même en imaginant une arrivée de Syriza au pouvoir, les conséquences seraient limitées. Dans cette éventualité qui reste peu probable, « Syriza devrait mettre de l’eau dans son vin ». Parmi les projets affichés par le parti : renégocier une nouvelle fois la dette du pays. Cette volonté serait probablement impossible à mettre en œuvre, mais M. Constantinidis souligne que cette crainte ferait de nouveau exploser les taux d’emprunt du pays sur les marchés financiers. Pour rappel, ce taux est redescendu aux alentours de 6% (OAT à 10 ans) alors qu’il atteignait plus de 35% en 2012.
Xavier Bargue

Δεν υπάρχουν σχόλια:

Δημοσίευση σχολίου