ποιος ακούει ότι η μια μόνη καμπάνα δεν ακούει παρά έναν ήχο

Σάββατο, 6 Ιουλίου 2013

Le komboloï d'Alain Françon


Metteur en scène plusieurs fois primé aux Molières, Alain Françon a été directeur du Centre dramatique national de Lyon, puis duCentre dramatique national de Savoie. A la tête du Théâtre national de la Colline de 1996 à 2010, il continue chaque année d'ymonter un spectacle. En s'attaquant une fois de plus à Ibsen avec Solness le constructeur, l'homme de théâtre s'interroge sur la portée d'une œuvre face à l'arrivée de la nouveauté et de la jeunesse. En guise de totem, il a choisi ce komboloï, sorte de chapelet grec qui lui rappelle un ami cher.
 "Ce komboloï appartenait au comédien Jean-Paul Roussillon. Depuis deux ou trois ans, je l'ai tout le temps avec moi. Je le garde à l'intérieur d'une poche de ma sacoche de répétitions, toujours la même. C'est une sorte de chapelet que les Grecs ou les Turcs gardent à la main. Il se manie d'une façon bien précise : on le fait passer d'un doigt à l'autre en égrainant les petites boules. C'est assez difficile. Jean-Paul savait parfaitement s'en servir. Avec élégance. Il n'en possédait qu'un et le manipulait tout le temps. Pour se calmer, je pense. Moi, je ne suis pas très stressé, pourtant, il ne me quitte jamais. Je trouve que c'est un bel objet, dont les perles sont certainement en ambre. C'est à une première de spectacle que Catherine Ferran, son épouse, me l'a donné. Elle savait l'amitié que j'avais pour son mari, décédé en 2009, et ce komboloï me permet de penser à lui.
Je me souviens notamment que lorsque je mettais en scène La Cerisaie, de Tchekhov, à la Colline, Jean-Paul était toujours derrière moi, son komboloï à la main. Aujourd'hui, j'ai encore ce réflexe, pendant des répétitions, de me retourner pour le chercher du regard. A l'exception de quelques livres, je possède très peu d'objets auxquels je suis attaché. Mais ce serait un déchirement si je perdais celui-ci. Pas par superstition, mais parce qu'il est pour moi une présence, un symbole du regard bienveillant de mon ami. Ce regard qui me donnait confiance lorsque nous travaillions ensemble. Cet objet est imprégné de ce sentiment si doux. Nous nous connaissions depuis la Comédie-Française, où je l'avais dirigé dans une adaptation de la pièce d'O'NeillLe Long Voyage vers la nuit. Puis au Théâtre de la Colline, où il a joué dans de nombreuses pièces que j'ai montées. Personne, sauf la femme de Jean-Paul, ne sait l'importance que j'accorde à cet objet que je sors peu de sa cachette. J'imagine que je le transmettrai un jour à mon tour."

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