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Πέμπτη 18 Μαρτίου 2010

Merkel accroît le différend franco-allemand sur le dossier grec

Cette fois, Angela Merkel a mis les points sur les "i". Devant les députés du Bundestag, mercredi 17 mars, la chancelière allemande a affirmé sans ambiguïté son opposition à un soutien financier de la Grèce. Elle a choisi la solennité du lieu et du moment, à l'occasion de l'un de ses rares discours au Parlement, pour déclarer ce que jusqu'ici aucun chef de gouvernement n'avait osé. La zone euro, a-t-elle dit, devrait pouvoir exclure un de ses membres, en dernier recours, "lorsqu'il ne remplit pas les conditions, encore et encore", en cas d'infractions répétées au pacte de stabilité.
Mme Merkel a levé officiellement un tabou : l'hypothèse de l'exclusion d'un pays de la zone euro envisagée comme sanction ultime. Cette sommation de la chancelière à respecter l'orthodoxie financière est le nouvel épisode du feuilleton de la crise grecque dans lequel les deux grandes puissances du cœur de l'Europe, la France et l'Allemagne, révèlent leurs divergences. La première prône la solidarité, l'autre le respect des règles.

Ce n'est pas un hasard si Mme Merkel a affiché sa fermeté deux jours après la réunion de l'Eurogroupe où ont été débattues les modalités d'aide à la Grèce, aide dont elle ne veut pas.

Lundi 15 mars, la ministre française des finances, Christine Lagarde, a ouvert le feu contre Berlin dans le Financial Times. Elle a accusé l'Allemagne, championne européenne des exportations, de tasser ses coûts de production pour favoriser son excédent commercial, au détriment de la consommation nationale, des exportations de ses voisins, de l'équilibre général.

Trois jours plus tôt, dans le Financial Times Deutschland, son homologue allemand, Wolfgang Schaüble s'était montré provoquant en plaidant pour des sanctions plus sévères : une suspension "pour au moins un an" du droit de vote d'un Etat membre non coopératif, voire, en dernier recours, l'exclusion d'un Etat de la zone euro.

"ATTAQUER LE PROBLÈME PAR LES RACINES"

Au Bundestag, lundi, la Chancelière a monté le ton d'un cran. Elle a creusé sa différence avec la France qui appelle à la "solidarité de la zone euro". Elle a rappelé l'Europe à ses devoirs et prôné l'orthodoxie budgétaire.

"Une manifestation de solidarité rapide [envers la Grèce] ne peut pas être la bonne réponse", a-t-elle dit aux députés. Il faut plutôt "attaquer le problème par les racines". La Grèce doit elle-même conduire ses réformes structurelles et la réduction de ses déficits : "Il ne faut pas apporter une aide prématurée, mais mettre de l'ordre dans tout cela, autre chose serait fatal."

Cette leçon de rigueur irrite en Europe. On accuse l'Allemagne de faire cavalier seul et de céder à la pression des citoyens qui voient d'un mauvais œil, après l'austérité qu'ils se sont imposée, de payer le laxisme des Grecs.

Le gouverneur de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a qualifié d'"absurde" l'hypothèse d'une exclusion de la zone euro.

Mais pour les Allemands, l'orthodoxie est une nécessité. Politiquement, traumatisés par le souvenir de l'inflation, ils tiennent à une monnaie forte. Juridiquement, ils font valoir le respect du traité institutionnel européen qui interdit tout renflouement d'un pays de la zone euro. Déontologiquement, en prêtant à un seul, ils craignent de mal inspirer les autres.

"Que les gens acceptent que nous avons des règles que nous avons écrites ensemble !, explique un conseiller de la chancelière. Ce n'est pas anti-européen de les respecter."

A Bruxelles, mercredi soir, le premier ministre grec a réagi aux propositions d'Angela Merkel. "La Grèce ne va pas quitter la zone euro", a affirmé Georges Papandréou. Il n'a pas exclu d'avoir recours au Fonds monétaire international (FMI). Une option que certains considèrent comme un désaveu de l'euro, mais à laquelle d'autres, comme la Finlande, les Pays-Bas ou l'Italie, ne sont pas hostiles. "Nous préfèrerions une solution européenne mais toutes les options sont ouvertes", a déclaré M. Papandréou lors d'une conférence de presse au côté du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
Marion Van Renterghem

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