BRUXELLES, 20 mars (Reuters) - Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a appelé vendredi les Etats membres de l'Union européenne à faire en sorte qu'un dispositif d'aide à la Grèce comprenant des prêts soit rapidement mis au point, alors qu'Athènes n'exclut pas de se tourner vers le Fonds monétaire international.
Le président de l'exécutif européen a estimé que les 16 pays qui partagent l'euro devaient être prêts à octroyer des prêts à la Grèce sur une base bilatérale et de manière coordonnée.
Il s'agit d'aider la Grèce à réduire son déficit budgétaire de quatre points de pourcentage et à réduire sa dette, qui approche 120% de son produit intérieur brut (PIB).
Le président Barroso semble ainsi vouloir secouer les membres de l'Union européenne et les faire passer à l'action. Il veut surtout obtenir le soutien de l'Allemagne à un plan de sauvetage. La situation ne peut "plus durer", il faut agir rapidement, estime-t-il.
"La Commission européenne est prête à faire une proposition concernant un dispositif d'assistance coordonnée à la Grèce", a-t-il dit. "Un tel dispositif sera constitué par un système de prêts bilatéraux coordonnés et sera compatible avec la clause de non renflouement (...)."
"J'exhorte tous les Etats membres à se mettre d'accord aussi vite que possible sur ce dispositif", a déclaré José Manuel Barroso.
Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE devraient discuter de la situation grecque lors du Conseil européen des 25 et 26 mars.
La Grèce a indiqué qu'elle ne pourrait parvenir aux réductions de ses déficits auxquelles elle s'est engagé si le taux auquel elle emprunte reste aussi élevé qu'actuellement et laisse entendre qu'elle pourrait devoir faire appel à l'aide du Fonds monétaire international (FMI).
José Manuel Barroso n'a pas dit de combien la Grèce aurait besoin. De sources diplomatiques, on cite le chiffre de 22 milliards d'euros.
LA FRANCE POUR UNE SOLUTION EUROPEENNE
Le président de la Commission souligne qu'un mécanisme comme celui qu'il propose n'implique pas son activation immédiate mais qu'il doit être en place au cas où il se révélerait nécessaire.
Athènes n'a pas demandé d'aide pour l'instant et espère ne pas en avoir besoin.
Le président de la CE n'a pas voulu dire s'il pensait que le Fonds monétaire international contribuerait au mécanisme qu'il propose. Selon des diplomates, la Commission ne n'exclut pas.
De source gouvernementale française, on indique que la France travaille "en priorité" sur une solution européenne pour aider la Grèce et juge "prématuré" de parler d'une intervention du FMI sous forme de prêts.
Certains pays estiment qu'appeler le FMI à la rescousse est un signe de faiblesse dommageable pour la crédibilité de la zone euro.
Un porte-parole du gouvernement allemand n'a pas exclu vendredi l'intervention du FMI pour aider la Grèce, alors qu'une telle possibilité avait jusqu'à présent été écartée par la zone euro qui disait vouloir régler le problème grec sans assistance autre que technique de l'institution de Washington.
Cette déclaration a toutefois été tempérée ensuite par un porte-parole du ministère des Finances allemand, qui a dit que l'Allemagne restait réservée sur cette possibilité.
L'Allemagne est réticente à fournir à la Grèce une aide financière avant qu'Athènes ait fait le ménage dans ses finances publiques.
Selon le responsable de l'agence grecque de gestion de la dette, la Grèce doit émettre environ 16 milliards d'euros d'emprunts d'ici la fin mai. Petros Christodoulou, qui a accordé un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung, a précisé que 23 milliards d'euros de dette grecque étaient dus entre le 19 avril et le 23 mai, mais que le gouvernement avait un solde financier net positif de quelque sept milliards d'euros.
"Aussi, nous n'avons pas à lever 23 milliards d'euros d'ici la fin mai, mais seulement 16 milliards d'euros", a déclaré Petros Christodoulou.
En ce qui concerne le rendement à servir aux investisseurs, Petros Christodoulou a souhaité voir l'écart se réduire avec les Bunds allemands.
Vendredi, la prime exigée par les investisseurs pour acheter des obligations grecques à dix ans de préférence aux Bunds allemands a continué à monter, l'écart se creusant à 333 points de base, contre 318 jeudi en clôture.
Les économistes soulignent que de tels taux accentueront les problèmes de la Grèce alors que le pays doit lever 53 milliards d'euros cette année.
Petros Christodoulou estime les obligations grecques ne devraient pas être traitées plus de 50 points de base au-dessus de la prime de risque pour l'Irlande. "Cela devrait nous faire baisser sous les 200 points de base par rapport aux Bunds à dix ans", a-t-il déclaré. (Avec Dave Graham; Emmanuel Jarry, Wilfrid Exbrayat et Danielle Rouquié pour le service français)
Σάββατο 20 Μαρτίου 2010
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