Contre les «sacrifices injustes e
t inefficaces», les fonctionnaires grecs manifestent mercredi dans les grandes villes du pays. Une grève de 24 heures a été lancée par le syndicat de la fonction publique Adedy, fort de plus de 300.000 membres. Les salariés de la fonction publique protestent contre les coupes salariales annoncées par le gouvernement socialiste afin de résorber les déficits et ainsi rassurer les marchés.Mardi soir, le ministre des Finances Georges Papaconstantinou a réitéré les mesures salariales d'austérité prévues dans la fonction publique: gel des salaires, baisse de 10% des primes, diminution de 30% des heures supplémentaires, arrêt total des embauches en 2010, sauf dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de la sécurité. Le ministre du Travail, Andreas Loverdos, a proposé de reculer de deux ans d'ici 2015 l'âge moyen de départ à la retraite pour le porter à 63 ans.
A Athènes, près de 5.000 syndicalistes manifestaient sous la pluie dans les rues, auxquels il faut ajouter le rassemblement séparé de 5.000 militants du Front de lutte syndical (PAME), émanation de l'ultra-orthodoxe parti communiste (KKE). A Salonique, on décomptait près de 3.000 fonctionnaires battant le pavé.
Par ailleurs, des dizaines de milliers de fonctionnaires ont répondu à l'appel à la grève de l'Adedy. Les contrôleurs aériens se sont joints à la grève et il n'y avait pas de trafic aérien mercredi en Grèce.
Réunion des ministres des Finances de la zone euro
Ces manifestations interviennent alors que les ministres des Finances de la zone euro prévoient de se réunir aussi ce mercredi par téléconférence pour parler de la situation en Grèce, selon plusieurs sources diplomatiques.
Selon le journal Le Monde, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, et le président de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, se joindront aux discussions.
Cette réunion se tiendra à la veille d'un sommet des dirigeants de l'UE consacré à la question à Bruxelles. A ce stade, il n'y a «pas encore d'accord» sur un plan d'aide à la Grèce. Les signes toutefois d'un mécanisme de soutien en faveur de ce pays se multiplient. Un responsable parlementaire du parti conservateur de la chancelière allemande Angela Merkel, Michael Meister, a ainsi indiqué que des préparatifs étaient en cours au sein du gouvernement allemand pour un plan d'aide. Il pourrait prendre la forme de mises à disposition de prêts bilatéraux de certains pays de la zone euro en faveur de la Grèce, pour l'aider à faire face au renchérissement pour elle du coût de l'emprunt sur les marchés depuis le début de la crise. L'option d'un versement anticipé de subventions de l'UE à la Grèce est également envisagée.
Papandréou déjeune avec Nicolas Sarkozy
Le Premier ministre Georges Papandréou, qui s'est rendu ce mercredi à Paris où il doit déjeuner avec le président français Nicolas Sarkozy avait appelé, dans une tentative de limiter l'impact de la grève, les fonctionnaires à «donner l'exemple» afin de contribuer à la sortie de crise.
Par ailleurs, le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel tiendront jeudi une conférence de presse commune à l'issue du sommet européen informel de Bruxelles, notamment sur la situation de la Grèce, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement français, Luc Chatel. «Dans le cadre du sommet européen, le président de la République aura l'occasion de tenir une conférence de presse commune avec Mme Merkel sur différents sujets. J'imagine que cette question (de la situation de la Grèce) sera abordée», a déclaré Luc Chatel en rendant compte à la presse des travaux du conseil des ministres.
«Le gouvernement français est impliqué comme ses partenaires européens sur la situation de l'euro et de la situation de la Grèce en particulier», a-t-il ajouté, précisant que la ministre de l'Economie Christine Lagarde avait «des contacts réguliers avec ses homologues» sur ce dossier.



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