Parole, parole, parole… à force de promettre sans agir efficacement, le Premier ministre grec commence à lasser. C'est en tout cas le sentiment que dégageait, hier, la réaction des marchés à la suite du discours qu'avait prononcé Georges Papandréou la veille au soir. La Bourse d'Athènes a chuté de près de 2 %, hier, tandis que l'Etat grec se retrouvait à devoir payer des taux d'intérêt de 5,71 % pour s'endetter sur dix ans. Par rapport aux taux de référence que sont ceux de l'Allemagne, la différence n'a jamais été aussi élevée depuis début avril.
A l'évidence, le volontarisme affiché par Georges Papandréou pour s'attaquer au problème de la dette grecque n'a pas suffi à masquer le manque de décisions concrètes. Et la défiance qu'inspire la Grèce est à nouveau à la hausse.Maillon faible
La tempête a commencé mardi dernier, lorsque l'agence de notation Fitch a revu à la baisse la note du pays. Dans un contexte de fébrilité consécutif à l'annonce des difficultés financières de Dubaï, la perspective de voir la dette grecque, évaluée à près de 300 milliards d'euros, atteindre 130 % du produit intérieur brut (PIB) d'ici à quelques années, a inquiété les marchés, et la zone euro dans son ensemble. Même si le risque d'un défaut de paiement d'Athènes semble aujourd'hui très hypothétique, et si le scénario d'une sortie de la zone euro laisse sceptiques l'immense majorité des économistes, la Grèce apparaît, désormais, comme le maillon faible de l'Europe. Et son Premier ministre n'a pas encore fait la preuve qu'il était l'homme de la situation.
Tergiversations
Il s'y est bien essayé, lundi soir, en se donnant trois mois pour agir. « Nous devons changer ou couler », a-t-il prévenu devant les partenaires sociaux. Et d'annoncer, pêle-mêle, une réduction de 10 % des salaires des dirigeants d'entreprises publiques, la suppression des bonus dans les banques publiques, et la taxation à 90 % des bonus des banques privées. Les syndicats ont applaudi.
Reste à savoir s'ils réserveront le même accueil aux mesures douloureuses que Georges Papandréou va immanquablement devoir prendre. Car à ce stade, « les économistes restent sur leur faim », estime, à Athènes, un bon observateur de l'économie grecque. En clair : les « mesurettes » annoncées par Georges Papandréou ne sont pas à la hauteur de l'enjeu.
Face à l'impatience des marchés, Georges Papandréou préfère manifestement prendre le temps d'obtenir un minimum de consensus politique autour du programme qu'il prévoit de présenter, en janvier, à ses partenaires européens. En témoigne la réunion qu'il a tenue, hier, avec tous les partis politiques, et qu'il s'est empressé de juger « très positive ». Paradoxalement, ce n'est peut-être pas du côté de la droite que pourrait venir la difficulté, mais au sein même de la gauche. Pour Thanos Dokos, qui dirige l'institut de recherche Eliamep, « Papandréou est pris entre deux écoles de pensée » Le Parti socialiste qu'il dirige hésite entre « la stratégie d'une cure d'austérité rapide et celle de s'en tenir aux promesses électorales de défense du pouvoir d'achat ». Mieux vaudrait que les tergiversations ne s'éternisent pas.



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